Les biosimilaires sont de plus en plus présents dans le traitement des maladies inflammatoires chroniques et transforment l’accès aux médicaments biologiques pour de nombreux patients atteints de MICI. Comprendre ce qu’implique un changement de biosimilaire peut aider à réduire l’anxiété et à mieux préparer le suivi médical.
Pourquoi les biosimilaires changent-ils la donne pour les patients atteints de MICI ?
Les biosimilaires offrent une alternative thérapeutique fondée sur le même principe actif que le médicament biologique d’origine mais fabriquée par un autre laboratoire. Leur arrivée sur le marché permet souvent de diminuer les coûts et d’étendre l’accès aux traitements pour des personnes qui, autrement, pourraient rencontrer des obstacles financiers ou administratifs. Pour les systèmes de santé, cela signifie une plus grande soutenabilité des thérapies biologiques à long terme.
Cependant, l’impact ne se résume pas au prix. L’existence de plusieurs biosimilaires pour une même molécule modifie la pratique clinique, la logistique d’approvisionnement et la nécessité d’assurer une traçabilité rigoureuse des produits reçus par chaque patient.
Comprendre ce qui distingue un biosimilaire d’un produit biologique d’origine
Un médicament biologique est une molécule complexe produite par des cellules vivantes. Deux lots successifs du même médicament peuvent déjà présenter de petites variations. Les biosimilaires cherchent à reproduire la structure et la fonction du produit de référence, et les autorités sanitaires demandent des preuves de similarité sur l’efficacité, la sécurité et l’immunogénicité avant autorisation.

Dire qu’un biosimilaire est « identique » au produit d’origine serait inexact ; on doit parler de très forte similitude fonctionnelle et clinique. Cette nuance explique pourquoi la surveillance post-commercialisation et la pharmacovigilance restent essentielles.
Changer de biosimilaire : que dit la donnée clinique ?
La littérature observée récemment montre que le passage d’un biosimilaire à un autre n’entraîne pas, dans la majorité des études publiées, d’altération notable de l’efficacité ni d’augmentation nette des effets indésirables. En particulier, un ensemble d’études d’observation a porté sur des transitions impliquant l’infliximab.
À ce jour, 31 études d’observation ont été recensées, portant au total sur 6 081 patients ayant subi un changement d’un biosimilaire vers un autre pour le même produit de référence. Sur la base de ces travaux, tant l’EMA que la FDA ont émis des positions favorables au principe du passage entre biosimilaires.
Il reste toutefois important de noter les limites : la plupart des données proviennent d’études observationnelles avec des durées de suivi variables et une hétérogénéité des protocoles. Les résultats sont rassurants mais la prudence clinique et la surveillance individuelle restent recommandées.
Ce que doivent vérifier patients et soignants avant un passage
Aspects administratifs et logistiques
Avant tout changement, assurez-vous de la disponibilité du produit, de la couverture par l’assurance ou le formulaire provincial, et de la continuité des programmes d’accompagnement offerts par le fabricant ou le prestataire de soins. La traçabilité du lot et du nom commercial est importante en cas d’événement indésirable.
Surveillance médicale et critères cliniques
Discutez avec votre médecin des motifs du changement et du plan de suivi. Selon la situation, le clinicien peut proposer un suivi clinique rapproché, un bilan biologique ou, le cas échéant, la surveillance des taux sériques du médicament et des anticorps anti‑médicament. Ces examens ne sont pas systématiques dans tous les cas mais peuvent être utiles si le contrôle de la maladie est fragile.

- Questions à poser à votre médecin : quel est le motif du changement, comment sera assuré le suivi, existe‑t‑il un programme d’aide pour le nouveau produit et comment signaler un effet indésirable.
Pièges fréquents et idées reçues autour des transitions multiples entre biosimilaires
Plusieurs idées reçues circulent. Premièrement, confondre nom commercial et molécule peut créer l’impression erronée que l’on passe à un traitement complètement différent. Deuxièmement, l’effet nocebo — l’attente négative du patient — peut fausser la perception d’une perte d’efficacité après un changement. Troisièmement, la plupart des études disponibles concernent surtout l’infliximab, il faut donc rester attentif lorsque l’on transpose ces observations à d’autres molécules.
Enfin, des changements répétés peuvent compliquer la traçabilité si les prescriptions et les dossiers ne précisent pas clairement le produit et le lot administrés. Une communication fluide entre patient, infirmier responsable de perfusion et prescripteur limite ces risques.
Informations pratiques pour les patients traités par infliximab
Pour les personnes sous infliximab, notez que des évolutions commerciales peuvent entraîner un changement de nom sur le marché. Par exemple, l’offre commerciale d’Inflectra a évolué et une transition vers Ixifi est prévue. Selon les informations disponibles, à partir de septembre 2025, Inflectra ne sera pas commercialisé par Pfizer et Ixifi constituera une version d’infliximab distribuée. Pour les patients qui souhaitent poursuivre avec le même médicament sous un autre nom, un laboratoire propose désormais un équivalent nommé Remdantry.
Les listes de produits autorisés et leurs indications peuvent évoluer. Pour consulter les informations officielles et à jour, référez‑vous à la base de données des produits de Santé Canada.
FAQ
Peut‑on passer d’un biosimilaire à un autre sans risquer une perte d’efficacité ?
Les données disponibles indiquent qu’un passage entre biosimilaires pour une même molécule n’entraîne généralement pas de perte d’efficacité significative. Les autorités réglementaires reconnaissent cette pratique, mais le suivi individualisé reste essentiel, surtout si la maladie est instable.
Comment savoir exactement quel biosimilaire j’ai reçu ?
Le nom commercial et le numéro de lot figurent sur le dossier médical et, pour les perfusions, sur les documents remis par le centre. N’hésitez pas à demander ces informations à votre équipe soignante pour assurer la traçabilité en cas d’effet indésirable.
Faut‑il systématiquement faire des tests d’anticorps après un changement de biosimilaire ?
Ce n’est pas une obligation systématique. La décision de mesurer les taux de médicament ou d’anticorps dépend du contexte clinique et du jugement du médecin. Ces tests sont plus souvent envisagés si des signes de perte d’efficacité ou des réactions surviennent.
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Louise est passionnée par la santé naturelle et la nutrition. Elle partage ses conseils sur les modes de vie sains et le bien-être au quotidien.